chirurgie

Je grince des dents la nuit et j’ai des douleurs dans la mâchoire. Existe-t-il un moyen de me soulager ?

Paolo ScolozziVous souffrez probablement de bruxisme, une anomalie du fonctionnement de la mastication. Ce trouble touche environ 70% de la population, principalement des femmes. Il se caractérise par des grincements ou le serrement des dents, de manière inconsciente. Il survient le plus souvent la nuit, mais parfois aussi durant la journée.

Le bruxisme peut très rapidement entrainer des migraines, des douleurs et des craquements au niveau des articulations de la mâchoire. À plus long terme, il peut provoquer de l’arthrose et une luxation des disques des articulations temporo-mandibulaires (reliant l’os de la mâchoire inférieure au crâne), une difficulté à mastiquer, une usure et une abrasion des dents.

Les causes du bruxisme sont multiples, mais il existe une forte composante psychologique et émotionnelle. La colère, l’anxiété et le stress jouent un rôle important dans l’apparition et l’entretien de ce trouble. Il peut également être dû à une mauvaise position des dents, à un traumatisme de la mâchoire, à des maladies neurologiques chroniques ou encore à la prise d’amphétamines ou d’antidépresseurs.

Le traitement le plus efficace pour soigner le bruxisme est le port d’un dispositif dentaire, appelée gouttière. Elle se porte généralement la nuit, mais peut aussi s’utiliser la journée. Elle étire le muscle de la mâchoire et permet d’empêcher les dents de se toucher. En complément, des séances de physiothérapie peuvent aussi prescrites. Enfin, il est possible de compléter ces traitements par une méthode appelée biofeedback, qui permet de prendre conscience du problème. Par exemple, on peut coller des étiquettes « ne pas grincer des dents » sur son ordinateur ou des gommettes colorées pour s’en rappeler et ainsi se conditionner.

Grâce à ces traitements, le bruxisme disparaît dans la majorité des cas. Pour une minorité de personnes, il peut toutefois réapparaître à la suite d’un stress ou d’une émotion. Une prise en charge psychologique est alors recommandée.

Pour en savoir plus, consulter le site du Service de chirurgie maxillo-faciale et chirurgie buccale des HUG.

Partagez cet article

Posted by Paolo Scolozzi

Médecin-chef du Service de chirurgie maxillo-faciale et chirurgie buccale des Hôpitaux universitaires de Genève.

Leave a reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *