Ma fille passe des heures à regarder des séries tous les jours. Peut-elle souffrir d’une addiction?

Gerard Calzada Gerard Calzada le 2 février 2019

La télévision et le visionnage de séries télévisées sont l’une des formes les plus populaires de divertissement médiatique. En quelques années, la façon de consommer de la télévision a été radicalement modifiée. Plus besoin d’un téléviseur pour regarder un film ou l’épisode d’une série, n’importe quel appareil mobile connecté à Internet fait l’affaire, même un simple smartphone.

Or, cette facilité d’accès aux séries télévisées en tout temps augmente le risque d’un usage nocif. Le phénomène dit du binge-watching, qui consiste à regarder de multiples épisodes d’une série télévisée en une seule session, a par exemple fait son apparition. Selon des statistiques publiées par Netflix, la durée moyenne d’un utilisateur pour terminer une saison de séries est de seulement quatre jours et le temps passé à regarder par jour est d’environ deux heures et demie.

Petit à petit, certaines personnes passent de plus en plus d’heures devant leur écran, au détriment de leur sommeil ou de leur appétit. Elles peuvent ressentir des troubles musculo-squelettiques, du fait d’une trop grande sédentarité. Poussée à l’extrême, cette pratique peut avoir également un retentissement sur leur vie sociale et leurs capacités à accomplir des tâches nécessaires au quotidien, comme le travail ou les obligations familiales. Les personnes concernées par l’usage problématique de séries télévisées ont besoin de passer de plus en plus de temps devant leurs écrans. Elles finissent par présenter des symptômes de manque, caractérisés par une irritabilité et une tension interne, lorsqu’elles ne peuvent pas s’adonner à leur passion.

Si votre fille présente ce genre de symptômes, il est important que vous l’encouragiez à consulter un spécialiste qui pourra l’aider à gérer sa consommation. L’addiction est souvent en lien avec d’autres problèmes relationnels, émotionnels et communicationnels et il est important d’évaluer le besoin de débuter une psychothérapie.

Pour plus d’informations, contactez le Service d’addictologie des HUG

Crédit photo : unsplash.com

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Gerard Calzada

Publié par Gerard Calzada

médecin-chef de clinique du Service d’addictologie des Hôpitaux Universitaires de Genève

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