Est-ce que la ménopause sonne la fin de la vie sexuelle ?

Dr Francesco Bianchi-DemicheliContrairement à une idée répandue, la ménopause ne s’associe pas de manière inéluctable à des troubles sexuels. La pression sociale et la connotation négative liées à la ménopause jouent un rôle important. Mais il faut se rassurer : on peut avoir une bonne sexualité durant cette période et elle ne s’arrête pas avec la ménopause. Certes, elle peut s’accompagner de troubles comme la sécheresse vaginale ou des douleurs pendant les rapports. Certaines femmes vivent cette période comme la fin de leur vie fertile et sexuelle, ce qui la rend forcément plus difficile à supporter.

Au niveau de la libido, les choses changent peu, en particulier avec une substitution hormonale. En effet, les troubles du désir sexuel n’augmentent pas et concernent, avant comme après, 10% des femmes. On estime que 20 à 25% des femmes ont une libido basse avant la ménopause et 30% après. On sait également que les couples ayant une activité sexuelle forte et satisfaisante avant la ménopause gardent généralement une bonne activité après. Par contre ceux qui ont une activité faible ont tendance à la diminuer davantage après.

Deux tiers des femmes passent le cap de la ménopause avec des troubles psychosexuels mineurs et ne consultent pas. Seule une petite proportion fait appel à un médecin. Celles qui consultent viennent le plus souvent seules. Elles se plaignent en général d’une baisse de la libido, de douleurs pendant les rapports et ont peur pour leur couple. Le médecin va analyser si sa patiente présente un trouble de l’humeur ou une dépression. Si c’est le cas et qu’on les soigne, la libido a de bonnes chances d’augmenter de nouveau. Des thérapies de couple ou sexuelles sont également possibles. Et parfois, les femmes viennent se plaindre, mais ce sont les hommes – ils vieillissent également – qui ont une dysfonction érectile et qu’il faut traiter.

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Crédit photo : commons.wikimedia.org

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Francesco Bianchi-Demicheli

Publié par Francesco Bianchi-Demicheli

Responsable de la consultation de gynécologie psychosomatique et médecine sexuelle des Hôpitaux Universitaires de Genève

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