Jeune femme de 20 ans ; dois-je me faire dépister des infections à Chlamydia ?

Julie Bernard Julie Bernard le 9 juin 2018

L’infection à Chlamydia Trachomatis (CT) est la plus fréquente des infections sexuellement transmissibles (IST). Très contagieuse, elle est due à une bactérie transmise lors de rapports sexuels non protégés. En Suisse, le nombre d’infections à Chlamydia ne cesse d’augmenter, conséquence notamment d’un dépistage plus fréquent.

Cette IST concerne essentiellement les femmes en âge de procréer, principalement entre 15 et 24 ans. La plupart du temps, elle ne provoque pas de symptômes, mais peut être à l’origine d’une maladie inflammatoire du pelvis, avec pour conséquences à long terme une altération des trompes et une infertilité, des douleurs pelviennes chroniques et des grossesses extra-utérines. Lorsque l’infection est perceptible, elle se manifeste par des douleurs dans le ventre, des pertes vaginales ou des brûlures urinaires. Plus rarement, elle est responsable d’abcès pelviens et de septicémie.

Chez l’homme, des écoulements du pénis, une difficulté à uriner ou une douleur testiculaire témoignent d’une urétrite, inflammation de l’urètre, ou d’une épididymite, inflammation du canal de transport des spermatozoïdes. En revanche, l’impact sur la fertilité masculine n’est pas clairement établi.

Le pronostic d’une infection à Chlamydia chez la femme est sévère. Elle est la principale cause d’infertilité tubaire, due à une obstruction des trompes, dans les pays industrialisés. Nous recommandons alors aux femmes de moins de 25 ans et ayant des partenaires multiples notamment, des dépistages réguliers, au minimum annuels, chez leur médecin. Le dépistage se fait par des frottis.

En cas de résultats positifs, une antibiothérapie est mise en place et les rapports sexuels doivent être protégés par préservatifs pendant 10 jours. Les partenaires des 6 derniers mois devraient également suivre un traitement.

Crédit photo : pixabay.com

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Julie Bernard

Publié par Julie Bernard

Médecin cheffe de clinique au service de gynécologie des Hôpitaux Universitaires de Genève

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