Est-ce que les gens qui louchent voient double ?

Heimo Steffen Heimo Steffen le 31 mars 2018

Le strabisme, autrement dit un défaut d’alignement des yeux, n’est pas seulement un problème de nature esthétique. Non traité, il peut avoir de graves conséquences pour la vision. Il peut également être l’expression d’une maladie oculaire ou d’une maladie systémique qui doit être exclue. Lorsque les yeux ne sont pas parallèles, une visite chez l’ophtalmologue s’impose. D’autant que les traitements – notamment la chirurgie – donnent très souvent d’excellents résultats. A l’âge adulte, dans plus de 99% des cas, le strabisme peut être soigné, ou au minimum, fortement corrigé.

Le strabisme se manifeste différemment chez l’enfant et chez l’adulte. Chez l’adulte, dans un strabisme acquis, par exemple une parésie d’un nerf oculomoteur, son cerveau n’est pas capable de supprimer l’aperçu de l’œil dévié et, par conséquent, il voit double. Le cerveau de l’enfant, lui, en est capable et lui permet de bénéficier d’une vision simple. En revanche, une suppression de longue durée de l’aperçu de l’œil atteint chez l’enfant peut entrainer une baisse de vision (amblyopie). Lorsque cela se produit, le phénomène peut être corrigé par un cache-œil placé de façon intermittente afin d’obliger l’œil dévié à travailler. Ce traitement peut empêcher ou traiter ainsi une amblyopie.

Les traitements du strabisme – souvent une chirurgie – donnent d’excellents résultats. Sur un plan technique, l’opération comporte peu de risque et peut être réalisée à tout âge. Elle consiste à renforcer, affaiblir ou à transposer un ou plusieurs muscles oculomoteurs. Et l’impact positif de la correction d’un strabisme sur la qualité de vie est considérable, tant au niveau fonctionnel (élimination de la double vision s’il y en a une, ablation d’un torticolis associé et élargissement du champ visuel) qu’au niveau esthétique avec une vie sociale et une l’image de soi nettement améliorées.

Pour en savoir plus, visionnez la vidéo Strabisme : la chirurgie du regard

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Heimo Steffen

Publié par Heimo Steffen

médecin adjoint agrégé, responsable de l’unité de neuro-ophtalmologie, strabologie et ophtalmo-pédiatrie des Hôpitaux Universitaires de Genève

Un commentaire

  1. En réponse à la question : Une étude française fait le lien entre le strabisme et la dyslexie, peut-on vérifier le bien fondé?

    Il est consensus que tout les enfants avec une dyslexie doivent avoir un examen ophtalmologique pour exclure un trouble, qui pourrait altérer la lecture ou l’écriture (trouble réfractif, accommodation, strabisme latent, fonctions binoculaires etc.).
    Cependant il est difficile de créer un lien direct entre une dyslexie et un trouble ophtalmologique, sachant que la dyslexie elle-même ne décrit pas un trouble précis, mais plutôt un groupe de maladies.
    Il y a un réseau d’opticiens et d’ophtalmologues qui prescrivent des prismes à des enfants dyslexiques en fonction des résultats de certains examens, dans lesquels la position oculaire est mesurée en dissociant plus au moins la vision binoculaire. L’effectivité de ce traitement prismatique n’a jamais pu être confirmé dans des études basées sur des études avec grande évidence scientifique.

    Meilleures salutations
    Heimo Steffen

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