J’ai 34 ans, une vie affective heureuse et je suis pourtant accro à la pornographie sur Internet. Qu’est ce qui m’arrive ?

Rodolphe Soulignac Rodolphe Soulignac le 20 avril 2019

S’il y a une dépendance qui aujourd’hui à mauvaise réputation c’est bien l’addiction à la pornographie. On lit souvent sur internet que c’est un chemin vers la pédophilie ou toutes autres formes de délinquances sexuelles, comme on le disait autrefois de la consommation de cannabis qui, pensait-on, menait systématiquement à la prise de « drogues dures ».

Les patients présentant ce type de dépendance sont souvent des hommes de 35 à 45 ans, avec un haut niveau d’étude et beaucoup de responsabilités. Ils vivent en couple stable, avec une épouse qu’ils aiment et ils déclarent la plupart du temps avoir une vie sexuelle conjugale très satisfaisante. Ils sont de plus des pères engagés. De l’extérieur, ils donnent l’image de familles heureuses, avec de bonnes situations sociales et des conditions de vie a priori agréables. Pourtant ces hommes passent des heures sur des sites pornographiques et se masturbent compulsivement. Ils en éprouvent de la honte et de la culpabilité et vivent ces comportements comme des pertes de contrôle d’eux même.

Le service d’addictologie des HUG reçoit, depuis plus de 10 ans, des patients souffrant de ce type d’addiction sexuelle. La prise en charge thérapeutique va passer en priorité par un réajustement communicationnel et des outils de gestion du stress. En effet, l’utilisation de la pornographie chez ces patients ne témoigne pas d’un intérêt spécial pour le sexuel. Elle est en fait utilisée par eux comme un instrument de régulation du stress qu’il soit d’ordre privé ou professionnel.

Il existe différentes formes d’addictions sexuelles. Elles peuvent être traitées, mais elles nécessitent toutes des prises en charges différentes. Il est alors important, si vous avez la sensation d’en être victime, de vous tourner vers une consultation spécialisée, qui vous aidera à vous libérer de cette souffrance. Vous pouvez ainsi par exemple prendre contact avec le Service d’addictologie des HUG.

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Rodolphe Soulignac

Publié par Rodolphe Soulignac

psychologue, Service d'addictologie, des Hôpitaux Universitaires de Genève.

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