Mon fils passe beaucoup de temps sur les jeux vidéo. Dois-je m’en inquiéter ?

Sophia Achab Sophia Achab le 8 juin 2019

Les jeux vidéo ont de plus en plus de succès, et pas seulement auprès des enfants ou adolescents. Ils proposent des scénarios attractifs et immersifs et, grâce à Internet, plus interactifs. Pour la plupart des joueurs, ils ne constituent qu’une activité plaisante et récréative. Mais chez certaines personnes, le plaisir finit par se transformer en obsession. De plus en plus de médecins s’inquiètent de l’addiction à ces jeux et de leur impact sur la santé. L’Organisation mondiale de la santé a d’ailleurs pris la décision d’inclure le trouble de jeu vidéo dans sa prochaine classification des maladies.

En Suisse, 7% des jeunes ont de la peine à gérer leur rapport à Internet et près du double ont une problématique spécifique liée au jeu vidéo. Passer trop de temps devant un écran peut impacter le sommeil, l’alimentation, la vision et même générer des troubles musculo-squelettiques et psychiques.

Tous les jeunes pratiquant les jeux vidéo ne deviennent toutefois pas dépendants. Il existe des facteurs de vulnérabilité individuels et environnementaux. Les personnes ayant une faible estime de soi, peu à l’aise en société ou très impulsifs sont par exemple plus à risque de développer une dépendance. Il en va de même si elles vivent dans un contexte familial ou social fragile, traversent un deuil, une période de chômage ou une rupture sentimentale.

Si votre fils vous semble souffrir de son rapport aux jeux vidéo, qu’il ne parvient plus à travailler ou étudier, qu’il perd contact avec ses amis, s’isole socialement ou se comporte de façon inhabituelle en famille, il peut être utile qu’il consulte un spécialiste en addiction. Il est en effet possible qu’il recoure aux jeux vidéo pour échapper à des difficultés personnelles ou éviter d’avoir à gérer des émotions pénibles. La consultation Reconnecte des HUG est spécialisée dans ces questions et le recevra volontiers. Pour plus d’information, contactez le Département de la psychiatrie des HUG.

Crédit photo : unsplash.com

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Sophia Achab

Publié par Sophia Achab

Médecin adjointe agrégée, Responsable de la consultation ReConnecte Service d’addictologie des Hôpitaux Universitaires de Genève.

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