J’ai des douleurs au clitoris, mais je n’ose pas en parler à mon médecin.

Leen Aerts Leen Aerts le 29 juin 2019

On estime aujourd’hui que plus de 10% des femmes souffrent de douleurs chroniques au niveau du clitoris. Cette pathologie est largement sous-diagnostiquée et sous-traitée par les professionnels de la santé, car les patientes n’osent souvent pas en parler à leur médecin.

Les douleurs clitoridiennes peuvent pourtant être vives et s’accompagner d’hypersensibilité ou à l’inverse d’une perte de sensibilité, d’inconfort, d’infections et d’irritations. Elles sont fréquemment ressenties lors des rapports sexuels, mais se manifestent aussi parfois en dehors de tout contact. Elles peuvent être associées à des maladies neurologiques ou dermatologiques ou être consécutives à un traumatisme ou un événement, tels qu’une lésion du dos, des mutilations génitales, une chirurgie ou un accouchement par voie basse. Chez certaines femmes, elles sont également causées par des kystes ou une adhérence entre le prépuce du clitoris et son gland.

Ces douleurs chroniques ont un impact négatif sur la santé mentale et sexuelle des femmes concernées. Par peur de leur déclenchement, elles ont ainsi souvent tendance à éviter toute activité sexuelle et à voir leur libido diminuer. Cette pathologie peut également être une source d’anxiété pour leurs partenaires et générer des incompréhensions, des conflits dans le couple, voir même dans certains cas des séparations. Elle est d’autant plus éprouvante à vivre, qu’elle reste souvent mal comprise et mal connue des spécialistes.

Si vous souffrez de telles douleurs, il est alors essentiel d’en parler avec votre généraliste, votre gynécologue ou un médecin sexologue, afin de bénéficier d’une prise en charge spécialisée et adaptée à votre situation. Si vous le souhaitez, sachez que vous pouvez également participer à une étude sur les douleurs clitoridiennes, menée par les HUG, jusqu’à la fin de l’année.

unsplash – @tamarabellis

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Leen Aerts

Publié par Leen Aerts

médecin cheffe de clinique au Service de gynécologie des Hôpitaux Universitaires de Genève

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