Un membre de ma famille souffre d’échinococcose. De quoi s’agit-il ?

Solange Bresson-Hadni Solange Bresson-Hadni le 1 février 2020

L’échinococcose alvéolaire est provoquée par un parasite, présent dans l’intestin grêle des canidés et particulièrement des renards. En Suisse, en fonction des régions, entre 30 et 70% des renards sont contaminés. Leurs déjections contiennent des œufs de ce parasite qui, s’ils sont ingérés, par exemple par le biais de fruits et des légumes ramassés dans la nature ou dans un potager, peuvent infecter l’être humain.

Le corps humain ne faisant pas partie du circuit naturel de ce parasite, la plupart des personnes parviennent à l’éliminer. Quelques personnes toutefois se retrouvent infectées. Les larves du parasite gagnent alors le foie où elles vont très lentement s’y développer. La maladie, même si elle reste rare, est aujourd’hui en forte augmentation en Suisse. Le temps d’incubation est long et il s’écoule souvent entre cinq à dix ans avant les premiers symptômes. Ceux-ci se manifestent par des douleurs au niveau du foie ou par une jaunisse. Dans la moitié des cas néanmoins, la maladie est découverte fortuitement, lors d’un bilan sanguin par exemple. Le tissu parasitaire progresse dans le foie à la manière d’un cancer et parfois dans d’autre zone, comme le poumon. Le traitement va consister à retirer chirurgicalement ces foyers parasitaires et sera accompagné d’un médicament antiparasitaire à prendre durant deux ans. Si la maladie est découverte à un stade trop avancé, la chirurgie ne sera plus possible. L’antiparasitaire sera administré pour bloquer l’évolution de la maladie et devra généralement être poursuivi à vie.

Si vous êtes amateur de randonnée, cultivez vos légumes ou êtes propriétaires d’animaux, il convient donc d’être très vigilants. Nous vous recommandons de laver à grande eau tous les légumes, fruits ou champignons que vous pourriez ramasser près du sol, même en ville, et de les consommer cuits si possible. Il est également important de clôturer les potagers pour empêcher les renards d’y pénétrer et de bien se laver les mains après avoir jardiné ou été en contact avec un chien. Ce dernier devra être vermifugé régulièrement.

En cas de doute, vous pouvez également contacter le Service des maladies tropicales des HUG.

Crédit photo: unsplash.com

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Solange Bresson-Hadni

Publié par Solange Bresson-Hadni

Médecin consultante, Département de médecine de premier recours, Service de médecine tropicale et humanitaire

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