La violence à l’école explose. Que puis-je faire en tant qu’enseignante ?

Avatar Emmanuel Escard le 2 février 2021

Toutes les études le montrent, la violence à l’école est de plus en plus fréquente. Déjà en primaire, des enfants sont contraints par d’autres à s’embrasser, à se déshabiller et à s’exposer. Les toilettes et les vestiaires sont des lieux privilégiés pour ces situations. Très tôt, les représentants des minorités sont exclus sous prétexte qu’ils sont premiers de classe, étrangers, croyants, « pauvres », « gros », etc. Un quart des enfants n’osent pas parler des violences qu’ils subissent, ce qui est regrettable car la moitié des problèmes pourrait être résolue en partie par le dialogue.

Les études montrent que les micro-violences, répétées, sournoises et donc difficiles à repérer, sont de loin les plus fréquentes. La violence à l’école n’est pas due au laxisme pédagogique et elle est rarement le fait d’individus extérieurs. Elle concerne autant les filles que les garçons. Elle s’observe dans toutes les classes sociales et dans tous les styles d’éducation. Par contre, la stabilité des enseignants est l’élément majeur de cohésion et de prévention ; un faible turn-over est donc préférable.

Les violences psychologiques peuvent avoir des conséquences lourdes en termes d’échec scolaire et professionnel, mais aussi de comportements violents à l’égard d’autrui ou contre soi.

L’expérience montre que les stratégies cantonales ou nationales de lutte contre les violences à l’école sont efficaces et peu coûteuses. Elles prévoient que les enseignants et les élèves s’y investissent activement, par exemple par le théâtre, des jeux de rôle, des forums ou des projets coopératifs. Il faut aussi y associer les familles et les communautés. Cela passe également par une sensibilisation des enseignants qui sont les vecteurs des bonnes pratiques.

Si vous êtes victime, témoin ou auteur de violence, vous pouvez vous adresser à la consultation de médecine et prévention de la violence pour obtenir de l’aide.

 

Dr Emmanuel Escard, responsable de l’Unité interdisciplinaire de médecine et prévention de la violence (UIMPV)

Crédit photo : unsplash.com

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Publié par Emmanuel Escard

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