Je suis essoufflé, dois-je m’inquiéter ?

Christoph Huber Christoph Huber le 16 septembre 2017

Christoph-HuberTrop souvent associé à l’âge, l’essoufflement peut être le signe d’une maladie du cœur, notamment d’une cardiomyopathie dilatée. Il est donc absolument nécessaire de consulter un médecin si vous ressentez un essoufflement inhabituel, encore plus si d’autres symptômes apparaissent, tels que des douleurs thoraciques, une sensation d’oppression, des palpitations ou des pertes de connaissance.

La cardiomyopathie, dans sa forme la plus fréquente, touche une personne sur 2500, plus souvent les hommes que les femmes et plutôt entre 20 et 60 ans. Elle est due à un relâchement anormal du muscle cardiaque.

Le traitement de la cardiomyopathie est délicat, car il est difficile de rétablir les structures relâchées du cœur. Toutefois, plusieurs traitements peuvent être mis en place. Il existe ainsi des médicaments pour améliorer le fonctionnement du cœur et l’oxygénation du sang. S’ils ne s’avèrent pas assez efficaces, le cardiologue peut envisager l’utilisation d’électrodes pour resynchroniser les automatismes entre oreillettes et ventricules cardiaques, la pose d’un pacemaker pour assurer des battements réguliers ou encore la pose d’un défibrillateur, en cas de risque d’arythmie ventriculaire. Pour les patients qui ne répondent plus à ces traitements, des options chirurgicales sont proposées : transplantation, plus connue sous le terme de greffe cardiaque, ou la mise en place d’une assistance cardiaque permanente, dispositif qui permet de soulager le travail du cœur au quotidien. Le patient peut lui aussi contribuer à une amélioration de son état de santé, en suivant un régime pauvre en sel et en diminuant sa consommation d’alcool.

La cardiomyopathie dilatée est une pathologie qui s’installe dans le temps. Non traitée, elle conduit au décès. Dès les premiers symptômes, il est donc très important d’être pris en charge.

Crédit photo : pixabay.com

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Christoph Huber

Publié par Christoph Huber

médecin chef du service de Chirurgie Cardiaque et Vasculaire des Hôpitaux Universitaires de Genève

3 commentaires

  1. Merci Docteur,
    Il y a un plus d’un an alors que vous faisiez le tour des patients de votre service, vous m’avez ausculté attentivement alors qu’un de vos collègues l’avait fait une heure auparavant. Votre remarquable intervention « post opératoire » et votre perspicacité professionnelle m’a très certainement sauvé la vie. Je vous prie donc de trouver ici les remerciements d’un patient qui vous doit probablement d’être encore en vie.
    Merci Docteur.

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    1. Christoph Huber

      Cher Monsieur

      Merci pour vos commentaires. Je suis heureux d’apprendre que votre rétablissement se passe bien.

      Le patient au centre de notre préoccupation professionnelle – c’est ce qui nous tient à cœur au sein de notre équipe du service de chirurgie cardiovasculaire des HUG.

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  2. j’ai 52 ans et pendant plus de 20 ans on m’a traitée pour des crises d’asthmes mais sans succès. Un jour on m’a fait faire des examens en pneumologie qui ont révélé que je n’étais pas asthmatique et que mes toux et essoufflements étaient probablement dus à une forte acidité. Prenant des oméprazols, la toux s’est effectivement quelque peu atténuée. 5 ans plus tard, je constate que j’ai de plus en plus de peine à monter les escaliers et m’évanouis en faisant du vélo. Des examens cardiologiques plus poussés ont révélés une hypertension pulmonaire et une dysfonction diastolique, dus à un myocarde spongieux (malformation congénitale rare, paraît-il). Anne-Marie Peysson.

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