Je peine à me remettre d’une fausse-couche. Que puis-je faire ?

Martine Aeby-RenaudLes fausses-couches représentent la complication la plus courante de la grossesse. Environ une grossesse sur cinq n’arrive pas à son terme. Pourtant, on  minimise parfois leur importance et les souffrances qu’elles entraînent chez la femme et le couple.

Son impact psychologique varie selon la sensibilité de chaque femme, sa culture, ses croyances, l’état d’avancement de la grossesse ainsi que la façon dont la femme s’est investie psychologiquement dans cette maternité en devenir.

Les évolutions sociétales, dont le recul de l’âge à la maternité et l’efficacité des méthodes de contraception, influencent la manière de vivre la parentalité. Ainsi, la notion d’enfant qui «survient» fait place, le plus souvent, à celle d’enfant qu’on «désire». Dès l’annonce de la grossesse, le projet d’enfant est fortement investi. De plus, les progrès de l’échographie vont favoriser la création du lien d’attachement parents-enfants dès le début de la grossesse. Dans ce nouveau contexte, la fausse-couche peut être vécue comme un choc encore plus brutal. Des sentiments tels qu’incompréhension et culpabilité sont souvent présents. La femme vit une grande tristesse et certaines d’entre elles ont l’impression d’avoir perdu un bébé.

L’épreuve de la fausse-couche peut renforcer le couple par le soutien mutuel des partenaires ou au contraire créer un décalage. Des différences de rythme et de ressentis peuvent entraîner incompréhension, distance et difficulté de communication.

Si la tristesse et la colère persistent, il est important que la femme ne reste pas isolée et qu’elle puisse partager ses sentiments avec une personne bienveillante. Cependant, si elle n’arrive pas à faire le deuil de cette grossesse, elle pourra consulter des professionnels tels que psychologues ou conseillères en santé sexuelle. Par leur écoute, ils l’aideront à traverser cette expérience difficile et à reprendre confiance.

Je peine à me remettre d’une fausse-couche. Que puis-je faire ?

Crédit photo : pixabay.com

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Martine Aeby-Renaud

Publié par Martine Aeby-Renaud

conseillère en santé sexuelle, sage-femme et sexologue, Unité de Santé sexuelle et planning familial des Hôpitaux Universitaires de Genève

Un commentaire

  1. Les fausses couches précoces sont trop banalisées. Croyez moi. J’en ai fait 2, plus une grosses extra utérine plus une IMG.. .parlez en restez pas dans votre coin. Ca aide vraiment à déculpabiliser. Car rien n’est notre faute.

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