Mon fils de 16 ans dort 7h par nuit. Cela peut-il avoir un impact négatif sur sa santé ?

Stephen Perrig Stephen Perrig le 20 janvier 2018

Votre fils devrait dans l’idéal dormir 9 heures par nuit (+/- 1h). Une étude conduite à Genève, montre pourtant que les jeunes de 16 à 17 ans dorment, les jours de semaine, en moyenne 7h30. En dessous de 7h, il existe un risque pour la santé.

Le sommeil participe à la maturation du cerveau et joue un rôle important dans la qualité des connexions entre les neurones. En diminuant les heures de sommeil, on augmente l’impulsivité, la difficulté à prendre des décisions et, sur le plan physique, les risques d’obésité à l’âge adulte. Les jeunes qui ne dorment pas assez souffrent aussi de fatigue, de somnolence, de difficultés de concentration et d’attention.

Le manque de sommeil des adolescents s’explique par deux phénomènes principaux. Ils ont tout d’abord une horloge biologique naturellement décalée par rapport aux adultes, qui perturbe leur endormissement. Par ailleurs, ils utilisent, de plus en plus, les écrans le soir qui émettent de la lumière bleue qui perturbent la régulation de la mélatonine, l’hormone du sommeil. Ajoutons à cela, qu’ils sont très actifs sur les réseaux sociaux et autres jeux en ligne, qui augmentent leur niveau de vigilance.

Pour assurer de bonnes nuits de sommeil aux adolescents, il faudrait essayer d’adopter le concept du « 3 fois 9 ». A savoir dormir 9h, diminuer l’utilisation des écrans après 9h du soir et débuter l’école à 9h du matin. Concernant ce dernier point, une étude est actuellement en cours à l’Université de Genève, pour connaitre les avis des étudiants, parents et professeurs sur ce sujet.
Pour votre fils, nous vous recommandons pour commencer de lui expliquer les difficultés qui peuvent découler du manque de sommeil et de lui donner quelques consignes concernant les écrans. Ces règles simples permettent en moyenne de faire gagner 20 minutes de sommeil aux adolescents.

Crédit photo : pixabay.com

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Stephen Perrig

Publié par Stephen Perrig

Médecin adjoint au service de pneumologie des Hôpitaux Universitaires de Genève.

2 commentaires

  1. Je vous remercie pour votre article et je le constate avec évidence avec mes deux fils (âgés de 24 et 22 ans). J’imagine que pour l’adulte, c’est le même principe ? Car de nos jours, avec nos vies remplies à ras-bord, il devient difficile voire impossible de dormir au minimum 9h; en ce qui me concerne en tout cas.

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  2. Pour les adultes actifs, nous recommandons 8h de sommeil (+/- 1h) et il existe un risque sanitaire en dessous de 6h. Outre la quantité c’est surtout la qualité du sommeil qui est important car avec l’âge apparait des troubles pas forcément existant chez les adolescents (sommeil plus léger pouvant déboucher sur des insomnies, souvent en relation avec nos stress et obligations propre au monde des adultes, ronflement et apnées, sommeil agité etc).
    De plus les adultes sont parfois contraints de faire des horaires irréguliers, travail du soir, voir de nuit. ceci est à mettre en rapport avec notre société qui s’oriente toujours plus vers le 24/24, 7/7.

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